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RDC : Les pourparlers de paix se poursuivent, mais l’AFC/M23 continue d’intensifier ses préparatifs militaires

Alors que les négociations de paix sur l’est de la RDC se poursuivent, l’AFC/M23 affirme avoir formé 9 318 nouveaux commandos, suscitant des inquiétudes quant au renforcement de ses capacités militaires.

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Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour mettre fin au conflit de longue durée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le mouvement rebelle AFC/M23 semble poursuivre ses efforts pour renforcer ses capacités militaires. Bien que les appels au cessez-le-feu lancés par différentes parties aient réduit l’intensité des combats dans certaines zones, les hostilités n’ont pas complètement cessé et les activités militaires se poursuivent.

Ce mois-ci, à Tchanzu, dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu, les rebelles, qui combattent le gouvernement de Kinshasa depuis des années, ont organisé une cérémonie de fin de formation pour ce qu’ils ont présenté comme un programme intensif d’entraînement militaire ayant concerné environ 9 318 soldats nouvellement formés.

Le général Sultani Makenga, commandant militaire du mouvement, a déclaré que les nouveaux commandos étaient prêts à être déployés sur le champ de bataille, affirmant que leur mission était de protéger les civils et de poursuivre la lutte pour « libérer l’est du Congo ».

Cette évolution soulève des interrogations alors que les grandes puissances et les organisations internationales continuent d’exhorter toutes les parties à privilégier le dialogue et à mettre en œuvre les engagements contenus dans divers accords, notamment l’Accord de Washington, tandis que l’AFC/M23 poursuit le recrutement de nouveaux combattants et cherche à se procurer des armements plus sophistiqués.

Les derniers développements suggèrent que le groupe pourrait profiter de l’accalmie actuelle des combats pour accroître ses effectifs, améliorer sa préparation militaire et renforcer ses capacités opérationnelles en vue d’une éventuelle reprise d’affrontements de grande ampleur.

« Nous contrôlons une vaste zone, et le territoire sous notre contrôle doit continuer à s’étendre. C’est pourquoi nous avons besoin de davantage de troupes », a déclaré le général Sultani Makenga dans son discours.

 

Ses déclarations interviennent alors que les négociations de paix soutenues par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine continuent de rechercher des moyens de réduire les tensions entre Kinshasa et Kigali tout en encourageant toutes les parties à mettre un terme aux opérations militaires.

Un rapport publié par le Groupe d’experts des Nations Unies en juin 2026 estimait que l’AFC/M23 comptait environ 30 000 combattants. Selon ce rapport, cette force comprend d’anciens combattants du M23, de nouvelles recrues, d’anciens soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des policiers ainsi que des combattants issus d’autres groupes armés congolais ayant rejoint ou été intégrés à l’AFC/M23.

En ajoutant les 9 318 nouveaux commandos formés annoncés à Tchanzu, ces chiffres suggèrent que le mouvement pourrait désormais approcher les 40 000 combattants, bien que cette estimation n’ait pas été officiellement confirmée par le Groupe d’experts des Nations Unies.

Ce n’est pas la première fois que l’AFC/M23 annonce la fin de formation d’un grand nombre de recrues. En septembre 2025, il avait indiqué que 7 437 commandos avaient achevé leur formation militaire de base à Rumangabo. En octobre 2025, il avait annoncé 9 350 nouveaux diplômés à Tchanzu. En février 2026, il avait déclaré que 7 532 commandos supplémentaires avaient terminé leur formation à Tchanzu, tandis qu’en mars 2026, 1 518 commandos des forces spéciales avaient été diplômés à Rumangabo.

Selon des analystes, le recrutement et la formation continus d’un grand nombre de combattants pendant que les négociations de paix sont en cours pourraient susciter de nouvelles inquiétudes quant à l’avenir du processus de paix. Ils estiment que lorsque les parties continuent de renforcer leurs capacités militaires alors que les négociations se poursuivent, la confiance dans la possibilité d’un règlement durable peut être compromise.

Les récents rapports du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC (S/2026/534 et S/2026/466) indiquent également qu’environ 18 000 soldats des Forces de défense rwandaises (RDF) sont présents dans l’est de la RDC.

Les Nations Unies continuent d’affirmer que les forces rwandaises entretiennent une étroite coopération militaire avec l’AFC/M23, des allégations que le Rwanda a constamment rejetées. Kigali affirme que ses mesures de sécurité visent à protéger sa sécurité nationale et à contrer les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui, selon lui, continuent de représenter une menace pour la sécurité le long de sa frontière.

Pour sa part, les récentes déclarations publiques du président Paul Kagame n’ont donné aucun signe indiquant que le Rwanda se prépare à se retirer de la RDC ou à mettre fin à ses opérations militaires dans un avenir proche. Au contraire, il a affirmé à plusieurs reprises que le Rwanda continuerait à défendre ses intérêts sécuritaires tant que ses préoccupations ne seraient pas prises en compte.

Kagame a également tenu des propos indiquant qu’il n’avait pas l’intention de modifier la position du Rwanda sous la pression internationale, déclarant : « Je ne me tairai que lorsque je serai mort. » Il a en outre soutenu que, selon lui, les tentatives visant à « éliminer le M23 » sont étroitement liées aux efforts visant à mettre le Rwanda lui-même en danger.

L’expansion continue des effectifs combattants de l’AFC/M23, combinée aux rapports des Nations Unies alléguant un soutien rwandais au mouvement et aux déclarations des dirigeants rwandais indiquant qu’ils n’ont pas l’intention de modifier immédiatement leur posture militaire, a conduit certains analystes à conclure que la voie vers une paix durable dans l’est de la RDC reste longue et semée de défis considérables.

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