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BADRAMA: Comment son passé d'enfant soldat a façonné son engagement en faveur des droits humains

Mupende Ramadhan, connu sous le nom de BadRama, explique comment son passé d’enfant soldat a façonné son engagement en faveur de la vérité, de la justice, de la liberté d’expression et des droits humains.

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Mupende Ramadhan, plus connu sous le nom de “BadRama”, est un militant rwandais des droits humains qui affirme avoir consacré sa vie à dénoncer ce qu'il décrit comme des violations des droits humains, des injustices et des exécutions commises sous le gouvernement dirigé par le Front patriotique rwandais (FPR-Inkotanyi). Selon BadRama, les épreuves qu'il dit avoir traversées durant son enfance ont profondément changé le cours de son existence et nourri son engagement en faveur de la vérité, de la justice et de la défense des droits fondamentaux.

BadRama affirme avoir rejoint l'armée à l'âge de huit ans en tant que « Kadogo », terme couramment utilisé pour désigner les enfants soldats. Il déclare qu'au cours de son service militaire, il a été témoin de graves exactions commises contre des civils par des soldats du FPR-Inkotanyi. Selon lui, ces expériences l'ont profondément traumatisé et l'ont finalement conduit à quitter l'armée afin de témoigner de ce qu'il affirme avoir vu et de dénoncer les injustices.

Après avoir quitté l'armée et s'être ensuite installé aux États-Unis, BadRama a fondé BADRAMA TV, une plateforme médiatique indépendante composée d'une chaîne YouTube et d'un site d'information qui publie quotidiennement du contenu. D'après lui, cette plateforme a été créée afin de couvrir des sujets qui, selon lui, reçoivent peu ou pas d'attention dans les principaux médias rwandais, tout en encourageant les citoyens à défendre pacifiquement leurs droits.

Plusieurs médias, parmi lesquels The New Times, Igihe.com, Kigali Today, Taifa News et le réseau en ligne communément appelé « Rwanda Online Brigade », soutiennent le gouvernement de Kigali. Ces médias bénéficient des instructions et du soutien financier des services de renseignement afin de promouvoir les positions du gouvernement et de s’en prendre à ceux qui critiquent les autorités.

À titre d'exemple, chaque fois que des organisations internationales de défense des droits humains publient des rapports critiques sur le Rwanda, ces médias recoivent pour instruction de discréditer ces organisations ou d'attaquer les personnes exprimant publiquement des opinions jugées contraires à la position du gouvernement.

Ces campagnes empêchent de nombreux Rwandais d'exprimer leur opinion sur des questions nationales, par crainte du harcèlement en ligne, de l'intimidation ou d'autres formes de représailles. BadRama affirme avoir elle-même été la cible, depuis un certain temps, d'attaques répétées de la part de médias pro-gouvernementaux et de comptes actifs sur les réseaux sociaux.

Selon des informations qu'il affirme provenir de sources issues des services de renseignement, le président Paul Kagame aurait demandé aux institutions de sécurité de trouver des moyens de le réduire au silence en raison de ses critiques à l'encontre des actions de ce regime. De nombreuses accusations visant Mupende Ramadhan auraient été diffusées, notamment des allégations de consommation de drogue, de détournement d'argent, d'obtention frauduleuse d'un visa pour entrer aux États-Unis, ainsi que d'autres accusations qu'il qualifie de fabriquées dans le but de porter atteinte à sa crédibilité et de discréditer son travail.

Des méthodes similaires auraient été utilisées contre d'autres personnes ayant publiquement critiqué l'administration du président Kagame ou dénoncé de présumées violations des droits humains.

BadRama affirme que la principale raison pour laquelle il est devenu une cible est son travail de couverture de cas impliquant des personnes qui disent avoir été victimes d'injustices, de disparitions forcées ou d'homicides. Il indique que les informations qu'il diffuse reposent sur les témoignages de personnes se présentant comme victimes, témoins ou personnes ayant une connaissance directe des faits. Il soutient que son objectif n'est pas de créer de l'instabilité, mais d'encourager la vérité, la responsabilité et la justice afin d'éviter que le Rwanda ne revive les tragédies de son passé.

Dans ses interventions publiques, BadRama encourage régulièrement les Rwandais, en particulier les jeunes, à lutter contre l'injustice en apprenant l'histoire du pays et en comprenant le déroulement des événements passés. Il estime que la reconnaissance des réalités historiques ainsi que le dialogue ouvert constituent des étapes essentielles pour construire un avenir fondé sur l'honnêteté plutôt que sur la peur ou la violence.

Il soutient également que les citoyens devraient pouvoir exprimer leurs préoccupations concernant la gouvernance de manière pacifique et sans craindre d'être persécutés. Garder le silence face à l'injustice augmente le risque que le Rwanda revive des tragédies similaires à celles qu'il a connues par le passé.

Interrogé sur ce qu'il considère comme le meilleur moyen d'empêcher que de tels événements ne se reproduisent, BadRama a répondu : « Protéger les droits de chacun, dire la vérité sur ce qui s'est passé au Rwanda et garantir la justice sont les seuls moyens d'empêcher l'histoire de se répéter. Dans le cas contraire, je crains que le pays ne sombre une nouvelle fois dans l'obscurité. »

Dans ce pays des mille collines, de nombreuses questions sensibles sont évoquées en privé par les Rwandais mais atteignent rarement le débat public, les citoyens craignant de lourdes conséquences, notamment l'arrestation, voire la mort. Selon BadRama, les débats publics sur ces sujets sont indispensables, et des plateformes médiatiques comme BADRAMA TV sont nécessaires pour créer un espace permettant ces discussions.

BADRAMA TV appelle les Rwandais à rejeter ce qu'elle décrit comme une culture de surveillance mutuelle et de dénonciation entre citoyens. Selon la plateforme, cette culture aurait été encouragée sous l'administration du président Kagame et aurait contribué à instaurer un climat de peur ainsi que de profondes divisions sociales. Elle estime que chaque Rwandais devrait pouvoir exprimer librement ses opinions sans être considéré comme un ennemi du pays, ni risquer des conséquences judiciaires ou politiques.

Alors que de nombreux Rwandais continuent de quitter le pays, il estime que toutes les voies pacifiques devraient être explorées afin de bâtir une nation où chaque citoyen pourrait s'exprimer librement, sans intimidation ni abus. La promotion de la vérité, de la responsabilité et du respect des droits fondamentaux constitue l'un des piliers essentiels pour parvenir à une paix durable et à un avenir plus démocratique pour le Rwanda.


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