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BADRAMA : « Ils disent que je dois être tué parce que j’ai franchi une ligne rouge »

BADRAMA affirme que son engagement en faveur des droits humains et ses prises de position politiques l’ont exposé à des menaces répétées, à des tentatives présumées d’assassinat et à des avertissements qu’il attribue à des sources liées aux services de renseignement.

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Selon Ramadhan Mupende, connu sous le nom de BADRAMA, son engagement en faveur des droits humains aurait fait de lui une cible. Dans un podcast publié le 5 juillet sur sa chaîne YouTube, BADRAMA TV, il affirme avoir reçu plusieurs menaces de mort et dit vivre dans la crainte permanente d'être assassiné.

Bien que le Rwanda soit officiellement une république, certains opposants estiment que le système politique mis en place par le président Paul Kagame présente des caractéristiques comparables à celles d'un pouvoir monarchique. Selon cette lecture, les décisions du chef de l'État primeraient sur les institutions, tandis que la préparation d'une éventuelle succession familiale serait perçue par certains comme une forme de transmission héréditaire du pouvoir.

Dans ce contexte, BADRAMA soutient que toute personne exprimant des opinions contraires à celles du gouvernement rwandais ou du FPR Inkotanyi s'exposerait à des risques importants.

Au cours de son intervention, Ramadhan Mupende affirme que son militantisme en faveur des droits humains l'a placé dans une situation de danger permanent. Selon lui, ceux qu'il accuse d'avoir privé les Rwandais de leurs droits fondamentaux chercheraient désormais à le réduire au silence afin d'empêcher la diffusion de son message.

« Je vis dans des conditions extrêmement difficiles parce que ceux qui ont privé le peuple de ses droits veulent me tuer. Mon seul tort est d'expliquer à de nombreux Rwandais comment œuvrer pour une paix durable dans notre pays. C'est pour cette raison que je fais constamment l'objet d'intimidations », déclare-t-il.

Des allégations de plusieurs tentatives d'assassinat

Au cours de son intervention, BADRAMA affirme avoir échappé à plusieurs tentatives d'assassinat depuis le mois de février 2026. Selon son récit, certaines personnes auraient tenté de le renverser avec un véhicule, tandis que d'autres auraient cherché à l'empoisonner.

Il évoque également le cas d'un ressortissant rwandais vivant aux États-Unis qui, selon lui, aurait déclaré vouloir devenir un « héros du Rwanda » en l'abattant avant de mettre fin à ses propres jours. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Une dénonciation de l'endoctrinement politique

Au-delà de sa situation personnelle, BADRAMA affirme que le Rwanda fait face à un phénomène qu'il décrit comme un endoctrinement idéologique de certains citoyens, en particulier de personnes identifiées comme les « Intore » du FPR Inkotanyi.

Selon lui, cette formation inculquerait la conviction que seuls les partisans du FPR Inkotanyi défendent véritablement les intérêts du Rwanda, tandis que toute personne exprimant des opinions divergentes serait considérée comme un ennemi de la nation. Il estime qu'une telle vision représente un risque pour l'avenir du pays en favorisant l'intolérance politique et la radicalisation.

Un climat que BADRAMA juge préoccupant

Toujours selon BADRAMA, cette perception conduirait certains individus à considérer que toute opposition au président Paul Kagame mérite d'être éliminée. Il affirme que cette logique, qui consiste à assimiler une personne à la nation elle-même et à considérer ses opposants comme des ennemis à abattre, constitue une forme d'extrémisme susceptible d'avoir de graves conséquences pour la société rwandaise.

Une nouvelle menace présumée en juillet 2026

BADRAMA soutient qu'une nouvelle tentative visant à porter atteinte à sa vie aurait été préparée le 2 juillet 2026. Il raconte avoir reçu, ce jour-là, un appel provenant d'un numéro de téléphone américain. Selon lui, son interlocuteur lui aurait conseillé de redoubler de vigilance, affirmant qu'il pouvait être tué à tout moment.

Il ajoute qu'au cours de cette même journée, il aurait remarqué la présence de personnes qu'il soupçonnait de vouloir lui faire du mal. Il explique être parvenu à quitter les lieux, à se réfugier dans un endroit tenu secret et, par mesure de sécurité, avoir interrompu pendant deux jours la publication de nouvelles émissions sur sa chaîne YouTube.

Des informations attribuées à des sources des services de renseignement

BADRAMA affirme également avoir reçu des informations provenant de personnes qu'il présente comme travaillant au sein des services de renseignement à Kigali. Selon ces sources, Paul Kagame aurait estimé que l'ancien militaire du FPR Inkotanyi avait franchi une « ligne rouge » en tenant publiquement de telles déclarations, ce qui expliquerait, selon BADRAMA, les menaces dont il affirme faire l'objet.

Des accusations fondées sur des témoignages et des documents confidentiels

Au cours de son intervention, BADRAMA affirme que ses accusations reposent à la fois sur son expérience personnelle en tant qu'ancien soldat, sur des témoignages qu'il dit avoir recueillis ainsi que sur des documents confidentiels auxquels il affirme avoir eu accès.

Selon lui, ces différents éléments l'auraient conduit à conclure que Paul Kagame et le FPR Inkotanyi auraient joué un rôle important dans la préparation et l'exécution du génocide de 1994. BADRAMA indique également s'appuyer sur les déclarations de plusieurs anciens hauts responsables du FPR Inkotanyi ainsi que sur différents discours publics prononcés au fil des années.

La référence aux propos de Tito Rutaremara

Parmi les éléments qu'il cite figure une déclaration attribuée à Tito Rutaremara, selon laquelle chaque cellule administrative du Rwanda aurait compté au moins cinq personnes qualifiées de « techniciens ». Selon l'interprétation de BADRAMA, ces individus auraient infiltré les milices Interahamwe et participé aux massacres de civils tutsi afin de faire porter la responsabilité exclusive des violences au gouvernement dirigé à l'époque par le MRND.

 

 

Le témoignage d'un proche vivant aux États-Unis

BADRAMA rapporte également qu'un de ses proches résidant aux États-Unis aurait quitté une réunion après avoir découvert qu'il lui aurait été demandé de participer à un projet visant à lui porter atteinte. Selon BADRAMA, cette personne lui aurait ensuite conseillé de mettre un terme à leurs échanges afin de préserver sa propre sécurité. Elle l'aurait également exhorté à rester extrêmement vigilant, estimant que sa vie pouvait être menacée.

« Je continuerai à défendre les droits humains »

Interrogé lors de la préparation de cet article, BADRAMA a réaffirmé sa détermination à poursuivre son engagement malgré les risques qu'il affirme encourir.

« Personne ne vivra éternellement sur cette terre. Tant que je respirerai, je continuerai à utiliser ma voix pour défendre les droits humains, en particulier les droits des Rwandais. Rien d'autre ne me fait peur », déclare-t-il.

Selon lui, renoncer à dénoncer ce qu'il considère comme des injustices reviendrait à abandonner les victimes de violations des droits humains.

Il ajoute que, dans sa conception de la responsabilité individuelle, la pire forme de lâcheté consiste à rester silencieux face aux souffrances des innocents jusqu'à ce qu'il soit soi-même touché par ces mêmes injustices.

« Ils veulent me faire taire avant que notre message ne porte ses fruits »

Revenant sur les menaces dont il affirme faire l'objet, BADRAMA déclare avoir été averti à plusieurs reprises par différentes personnes, y compris, selon lui, par certains individus qui auraient été sollicités pour participer à un projet visant à porter atteinte à sa vie.

Il affirme que ces témoignages renforcent sa conviction qu'il fait l'objet d'une campagne destinée à le réduire définitivement au silence.

« Ce qui m'attriste, c'est qu'ils veulent me tuer le plus rapidement possible alors que j'ai le sentiment de ne pas avoir encore accompli tout ce que je pouvais pour aider les Rwandais à retrouver leur liberté. S'ils n'y parviennent pas, je suis convaincu que notre travail finira par produire des résultats et que les responsables de ces crimes devront un jour répondre de leurs actes », déclare-t-il.

Le projet d'un Rwanda fondé sur la justice

BADRAMA affirme que son ambition est de contribuer à ce qu'il décrit comme le démantèlement du « royaume du mensonge » attribué à Paul Kagame et au FPR Inkotanyi.

Selon lui, ce système continuerait de mettre en danger de nombreux Rwandais, aussi bien à l'intérieur du pays qu'au sein de la diaspora.

Il estime que les régimes construits autour d'une seule personnalité politique demeurent fragiles sur le long terme. S'appuyant sur plusieurs exemples historiques, il considère que les systèmes fortement personnalisés finissent souvent par s'effondrer lorsque leur dirigeant quitte le pouvoir, laissant derrière eux des conséquences importantes pour leurs proches ainsi que pour les générations suivantes.

À ses yeux, aucun responsable politique ne devrait souhaiter laisser un héritage susceptible d'exposer sa propre famille à des difficultés durables ou à un jugement défavorable de l'histoire.

Un appel au dialogue et au respect des droits humains

En conclusion, BADRAMA appelle les dirigeants rwandais à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation. Selon lui, les divergences d'opinion ne devraient pas être traitées par l'intimidation, la violence ou la répression, mais par un débat ouvert permettant de rechercher des solutions durables aux défis auxquels le Rwanda est confronté.

Il estime que la construction d'une paix durable passe avant tout par le respect des droits humains, la reconnaissance de la diversité des opinions et la mise en place d'une justice impartiale favorisant la réconciliation nationale.

Pour BADRAMA, seul un environnement où chaque citoyen peut s'exprimer librement sans craindre de représailles permettra aux générations présentes et futures de vivre dans un Rwanda pacifique, stable et réconcilié.

 

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